L’urgence pour l’humanité de trouver un équilibre entre les besoins de nos sociétés et la protection de l’environnement n’a jamais été aussi évidente.

La façon dont nous produisons notre nourriture peut avoir un impact significatif sur la faune avec qui nous partageons la planète. Bien entendu, toutes les formes de production alimentaire ont des impacts environnementaux et sociaux et laissent inévitablement des traces. Néanmoins, ces impacts peuvent être atténués et réduits avec des pratiques responsables.

L’un des plus grands impacts potentiels de toute production alimentaire concerne la biodiversité. Qu’il s’agisse de la disparition délibérée ou accidentelle d’habitats essentiels ou de la transformation d’environnements au point que certaines espèces ne puissent plus survivre, une production irresponsable peut entrainer la destruction de la biodiversité et la perte de la faune. Au-delà des problèmes moraux que posent ces risques, une planète avec moins de biodiversité représente une menace pour l’espèce humaine. En perturbant le fragile équilibre des écosystèmes, nous déclenchons des réactions en chaine aux conséquences imprévisibles et potentiellement impossibles à enrayer.

Tous ces facteurs font que l’ASC accorde une importance extrême à la protection de la faune et de la biodiversité. Avant d’être certifiés, les élevages ASC doivent réaliser une Biodiversity Environmental Impact Assessment (B-EIA) ou une évaluation équivalente de leurs impacts potentiels sur la biodiversité et l’environnement. Ces évaluations doivent inclure une analyse du potentiel et des menaces pour la biodiversité locale afin de prévenir toute perte nette de la biodiversité. Elles doivent ensuite être communiquées aux parties prenantes et communautés locales, qui ont bien entendu un intérêt dans la protection des écosystèmes locaux.

Tous les référentiels ASC appliquent une tolérance zéro contre la mise à mort de mammifères marins et d’oiseaux figurant sur des listes d’espèces menacées d’extinction. La mort de toute espèce doit être consignée et publiée de façon transparente. S’il existe un risque particulier d’impact sur certaines espèces, le référentiel ASC impose l’application de limites aux incidents létaux.

Un important impact potentiel de l’élevage est la destruction d’habitats et des écosystèmes qui en dépendent. De nombreux habitats ont été identifiés par des accords et protocoles internationaux comme étant essentiels, ayant besoin de protection ou revêtant une importance critique pour des espèces menacées d’extinction. Les référentiels ASC protègent également ces habitats. Les mangroves sont par exemple des forêts jouant un rôle crucial dans la protection des côtes, le stockage de carbone et la viabilité des écosystèmes. Elles sont souvent situées dans des zones où se trouvent des élevages de crevettes, ce qui représente pour elles un risque écologique réel. Ces exploitations ne sont plus disponibles à la certification si elles ont été construites après 1999 dans des écosystèmes de mangroves ou d’autres zones humides naturelles. Des protections similaires ont été mises en place pour d’autres écosystèmes essentiels, tels que les herbiers sous-marins.

L’aquaculture peut jouer un rôle vital dans la protection de populations naturelles de poissons en produisant les protéines dont nous avons besoin sans appauvrir les stocks limités de poissons sauvages. Mais pour cela, l’aquaculture doit être responsable, sans quoi elle peut impacter de plusieurs façons les populations sauvages environnantes. Par conséquent, les exploitations ASC doivent se préoccuper de la santé de leurs poissons et surveiller et réduire les risques provenant, par exemple, de maladies et de parasites. Si elle est importante du point de vue du bien-être animal, cette démarche aide également à protéger les populations sauvages environnantes de ces mêmes maladies et parasites. Les exigences strictes de l’ASC relatives à l’utilisation responsable de produits chimiques et de médicaments apportent une protection similaire. S’ils s’évadent, les poissons d’élevage peuvent affecter beaucoup plus directement les populations sauvages. Tout en leur faisant concurrence, ils peuvent s’accoupler et avoir un impact sur leur bagage génétique. Les évasions d’élevages ASC sont soumises à des limites strictes et des plans de prévention spécifiques doivent être mis en place. Si une évasion a lieu, elle doit être communiquée et rendue publique.

D’autres impacts sont moins directs ou évidents : la nourriture utilisée dans l’aquaculture peut contenir une large variété d’ingrédients ayant chacun des impacts environnementaux. Le futur référentiel Aliments aquacoles de l’ASC impose que tous les ingrédients, qu’ils soient produits sur terre ou en mer, proviennent de sources responsables et transparentes. Comme toute autre activité, les élevages peuvent produire des déchets plastiques et de la pollution. L’ampleur du problème des déchets plastiques dans les océans a été largement relayée dans les médias ces dernières années. Si l’aquaculture n’y joue qu’un rôle mineur, l’ASC s’emploie néanmoins à agir et à répondre à ce défi. Nous avons donc rédigé un livre blanc sur l’enjeu et les risques spécifiques des déchets marins et plastiques provenant de l’aquaculture. Les résultats de cette étude ont été communiqués à l’ONU et à l’Organisation maritime internationale, qui en tiendront compte dans leurs stratégies. Ils ont également servi à l’élaboration de nouvelles exigences pour les fermes certifiées ASC, qui doivent désormais consigner et éliminer tous leurs équipements en plastique.

L’aquaculture n’est pas la seule activité à avoir des impacts potentiels sur la biodiversité. Toutes les formes de production alimentaire ont, d’une manière ou l’autre, un impact. L’ASC a étudié les impacts spécifiques de l’élevage de poissons et de crustacé et a élaboré des référentiels contrôlant ces impacts. Quelle que soit l’espèce, les producteurs aquacoles ASC s’attachent toujours à réduire leurs impacts et à trouver le bon équilibre avec leurs écosystèmes locaux.

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